En zone rurale, le manque d’options pour se déplacer pénalise les demandeuses et demandeurs d’emploi. Permanences, navettes… Dans les campagnes du Nord, des solutions voient le jour, mais peinent à absorber tous les besoins.
Dans le Cambrésis, territoire largement rural, l’absence de bus adaptés aux horaires de travail isole les villages. Certaines lignes du réseau Transport urbains du Cambrésis (TUC) n’y passent en moyenne que cinq fois par jour. Ce déficit touche en particulier les demandeurs et demandeuses d’emploi résidant à la campagne. Près de 30 % d’entre elles sont dépourvues du permis de conduire, selon une étude de France Travail menée à l’échelle de l’agglomération.

À Noyelles-Sur-Escaut, bourg de 900 habitants, l’Association jeunesse rurale (AJR) s’est associée à la plateforme de mobilité Solimob pour proposer des navettes sur place. Une fois par mois, un bénévole transporte les personnes à leurs rendez-vous ou vers leur lieu de travail.
« Les transports en commun ne sont pas du tout adaptés : souvent un bus le matin, et un le soir, explique Agathe*, référente du projet mobilité au sein de l’AJR. Il y a des choses qui sont en train de se développer, mais ça n’est pas encore suffisant pour répondre aux besoins, en tout cas sur les petites communes. »
« Les transports en commun ne sont pas du tout adaptés. »
La référente du projet mobilité au sein de l'AJR
Avec seulement 12 bonnes volontés mobilisées pour conduire les navettes, les besoins dépassent en effet largement les capacités du dispositif. Nombre d’usagères et usagers ne disposent toujours pas de solution de locomotion, et sont encore obligés de traverser plusieurs villages pour accéder à une activité.
Sur-mesure
Solimob, incubée par l’association Pôle Hainaut-Cambrésis des acteurs réunis (Phare), intervient à l’échelle du territoire pour lever les freins à la mobilité.

Concrètement, le dispositif propose des solutions sur mesure : mise à disposition de vélos, prêt de voitures et accompagnement personnalisé. Les personnes en recherche d’emploi et sans moyen pour se déplacer contactent la structure, qui évalue leur situation et les oriente ensuite vers la réponse la plus adaptée. En 2025, sur près de 3 000 demandeurs et demandeuses d’emploi — dont un tiers depuis plus d’un an — dans l’agglomération, 54 y ont eu recours. Une réponse encore timide face à l’ampleur du problème, mais révélatrice de la volonté de réparer les failles de la mobilité rurale.
* Elle n’a pas souhaité indiquer son nom.




