Transport culturel fluvial, une scène ambulante… sur l’eau

Les fleuves et rivières du nord de la France deviennent des scènes pour l’art itinérant. Via l’association Transport culturel fluvial, théâtre et voltige sortent la tête de l’eau.

Quand Vincent Dujardin fonde l’association Transport culturel fluvial (TCF) en 2002, les troupes d’art itinérant sont en voie de disparition. Estimées à 200 dans les années 1940, ces compagnies qui sillonnent l’Hexagone ne sont plus qu’une cinquantaine aujourd’hui, selon le Centre international pour les théâtres itinérants. Le résultat d’une transition vers une « politique de l’offre » selon le metteur en scène : « Avant, les villes venaient nous démarcher pour qu’on se produise.  Maintenant, on doit se battre pour être subventionnés. » 

« Avant, les villes venaient nous démarcher pour qu’on se produise. Maintenant, on doit se battre pour être subventionnés. »

Vincent Dujardin, fondateur de l'association Transport culturel fluvial

Une idée vient alors à cet ancien étudiant en photographie : pourquoi ne pas investir les cours d’eau ? Depuis, des spectacles se tiennent tous les ans le long de la Seine, de l’Oise, de la Somme ou de la Deûle. Cette année, TCF, basée à Lille, présente Mobil’eau, une chorégraphie aérienne autour de bateaux suspendus au-dessus de l’eau par une grue. Six représentations sont déjà prévues en juin.

Mais TCF s’est surtout fait connaître grâce à la tournée de l’Axolotl, entre 2006 et 2019. Vincent Dujardin et cinq artistes naviguent à bord du Colporteur, péniche longue d’environ 35 mètres déguisée en sous-marin pour l’occasion. Sur les berges du nord de la France, l’embarcation fascine : « On a eu plus de 100 000 spectateurs sur cette période ! », assure le créateur. 

Axolotl itinérant

Passer de la terre à l’eau « divise par sept voire dix les frais de représentation », se réjouit-il. Des économies principalement réalisées sur le montage des décors, intégrés au bateau : plus besoin de les réinstaller à chaque fois. Cette solution inspire d’autres troupes, comme celle de la Péniche Célestine, une salle de concerts qui vogue le long de la Somme depuis 2021

Les décors du prochain spectacle…

 La compagnie n’aurait pourtant pas pu se maintenir à flot sans les aides de la région : « Elles nous ont évité d’augmenter le prix des billets au-delà de huit euros après le Covid », rappelle Vincent Dujardin. Le bon vouloir des communes influe aussi sur la vie de l’association.  Celles-ci autorisent l’accès aux cours d’eau, et leurs budgets culture couvrent une part essentielle de la rémunération de TCF. À quelques semaines du scrutin municipal, le metteur en scène s’inquiète : « Tous nos projets dépendent aujourd’hui des élections… »  

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