Après la naissance d’un enfant, les mères voient leurs occasions de sorties se réduire, happées par le quotidien et les contraintes liées à la maternité. Pour leur permettre de couper (un peu) le cordon, l’association Maman sort ce soir propose des espaces de rencontre et des sorties entre femmes à des horaires compatibles avec la vie de famille.
Proposer des moments de détente, de danse et de rencontres entre 20 heures et minuit, à des horaires qui permettent aux mères de participer. Derrière ce projet, il y a Ophélie Deslot, une femme et mère de 34 ans qui a su trouver la formule pour que les mères de jeunes enfants ne subissent plus l’isolement social lié à leur nouvelle vie. « On est encore jeunes, mais on ne s’autorise plus vraiment à sortir. Les enfants se lèvent tôt, les boîtes ouvrent tard, et on ne se sent pas forcément à notre place », raconte-t-elle.
C’est en observant des initiatives menées à l’étranger sur les réseaux sociaux, notamment en Allemagne, qu’Ophélie remarque le succès des soirées en discothèque réservées aux femmes. Elle crée alors L’Entre Girls, une association qui propose des activités entre femmes (ateliers créatifs, randonnées, sorties et soirées). Début 2025, elle imagine Maman sort ce soir, pour inclure les mères : « J’ai commencé par organiser une soirée à Tarbes. Ça a tout de suite très bien marché. Et comme le concept n’existait pas en France, je me suis lancée », explique-t-elle.
Loin des structures institutionnelles, l’association Maman sort ce soir repose sur une organisation souple. Les soirées sont accessibles via une billetterie en ligne, diffusée sur les réseaux sociaux. Deux formules sont proposées : l’entrée avec consommation à 15 euros ou la formule à 33 euros comprenant une assiette de tapas, une entrée et une boisson.
Se sentir libre entre femmes
Noémie Robin, 34 ans et mère de deux garçons, témoigne : « Le fait qu’il n’y ait pas d’hommes lors de ces soirées change beaucoup de choses. On se sent plus libres dans notre tenue et dans notre façon de danser, sans regards lourds ni comportements déplacés. » Si la non-mixité suscite parfois des critiques, les participantes rappellent que cela répond avant tout à une réalité vécue : « Si les femmes ne se faisaient pas suivre, importuner ou juger en soirée, ce type d’initiatives n’aurait peut-être pas lieu d’exister », poursuit Noémie Robin.
Malgré son nom, Maman sort ce soir est ouvert à toutes les femmes de 18 à 65 ans, qu’elles soient sans enfants ou déjà grands-mères. « Certaines femmes viennent avec leur mère pour passer du temps en famille, entre filles », explique Ophélie.
À l’approche de son premier anniversaire en mars prochain, l’association a déjà parcouru presque toute la France, chaque soirée rassemblant en moyenne près de 300 participantes selon l’organisatrice. Principal bémol : pour certaines femmes et en particulier pour les mères seules ou en situation de précarité, le coût de la garde des enfants reste un obstacle. En 2021, 56 % des enfants de moins de 3 ans en France métropolitaine étaient gardés principalement par leurs parents, indique une étude de la Drees. Et si 12 % des enfants de moins de 6 ans grandissent au sein de familles monoparentales, ce sont des femmes qui en ont la responsabilité dans 83 % des cas. Une limite économique qui pourrait venir gâcher la fête.




